Ouvrir un commerce les jours fériés reste un sujet délicat qui mêle réglementation complexe, conventions collectives spécifiques et contraintes locales. En 2025, nombreux sont les commerçants qui s’interrogent encore sur leurs droits, obligations et les opportunités liées à ces dates particulières pour l’activité. Certaines enseignes comme Intermarché, Carrefour, Leclerc ou encore Monoprix doivent régulièrement adapter leur stratégie commerciale face à ces enjeux. Cet article fait le point détaillé sur les règles en vigueur, les cas d’exception, ainsi que sur les modalités de rémunération et de repos. Que vous dirigiez un commerce franchisé ou indépendant, ou que vous soyez un manager dans un groupe comme Franprix ou Lidl, vous trouverez ici les clés pour décider sereinement d’ouvrir ou non votre établissement les jours fériés.
Les jours fériés légaux : connaître précisément les dates pour mieux anticiper
Avant de pouvoir décider d’ouvrir son commerce, il est indispensable de maîtriser les dates officielles des jours fériés en France. La législation française compte onze jours fériés principaux qui peuvent affecter profondément l’organisation d’un point de vente. Ces dates sont les suivantes :
- 1er janvier (Nouvel An)
- Vendredi saint (uniquement en Alsace et Moselle)
- 1er mai (Fête du Travail, jour très protégé)
- 8 mai (Victoire 1945)
- Ascension (jeudi, date variable)
- Lundi de Pentecôte
- 14 juillet (Fête nationale)
- Assomption (15 août)
- 1er novembre (Toussaint)
- 11 novembre (Armistice 1918)
- 25 décembre (Noël)
Une observation importante attire l’attention : certains jours comme le Vendredi saint ne sont considérés comme fériés que dans des territoires spécifiques (exemple : Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle). Ces noms figurent aussi dans les conventions collectives locales, ce qui implique une organisation spécifique pour les enseignes implantées dans ces zones.
Par ailleurs, pendant ces journées, même si les commerces sont souvent fermés, la législation n’exclut pas totalement l’ouverture, surtout dans les secteurs qui fonctionnent sur des cycles de services continus. C’est donc avant tout une question d’anticipation et d’information auprès des collectivités et autorités locales.
Pour ceux qui veulent approfondir l’organisation des horaires, les enjeux réglementaires en la matière sont largement traités dans les ressources spécialisées, comme ce dossier complet sur la réglementation des horaires des commerces.

Les enjeux du calendrier des jours fériés pour la planification commerciale
Une planification rigoureuse des jours fériés est une exigence absolue pour les commerces, afin de gérer au mieux les ressources humaines et l’approvisionnement. Les grandes surfaces type Auchan, Cora ou Système U doivent adapter leur logistique pour éviter la rupture de stock si l’ouverture est maintenue. La gestion du personnel, surtout en contexte multisite, est aussi un sujet crucial. Optimiser le planning autour de ces dates sans surcharger les équipes, tout en respectant les droits salariés, demande un réel savoir-faire managérial.
- Éviter les tensions sociales : planifier en respectant les règles permet d’apaiser le dialogue social
- Anticiper les pics d’affluence : certains jours fériés attirent plus de clients, par exemple la veille de Noël
- Assurer une communication claire : informer à l’avance les clients sur les horaires d’ouverture
- Adapter l’approvisionnement : éviter les surstocks ou ruptures liées aux délais plus longs
Cette maîtrise conditionne parfois la survie commerciale des points de vente, car un oubli de planification peut générer des coûts importants, jusqu’à impacter la rentabilité.
Quelles enseignes peuvent ouvrir en toute légalité les jours fériés selon les conventions collectives ?
Le droit d’ouvrir un commerce les jours fériés dépend en grande partie des conventions collectives ou accords de branche qui régissent le secteur d’activité. On observe que :
- Les secteurs alimentaires, comme la grande distribution (par exemple Carrefour, Leclerc), disposent généralement de clauses particulières qui autorisent une ouverture circonstancielle des magasins.
- Les boulangeries et pâtisseriesont souvent des règles permettant un travail intermittent les jours fériés pour répondre à une demande naturelle.
- La restauration et l’hôtellerie peuvent s’organiser sur une base de continuité de service, avec des équipes adaptées.
- Les commerces indépendants peuvent ouvrir seuls s’ils assurent la totalité des tâches sans salarié.
- Les autres secteurs nécessitent souvent une dérogation explicite pour ouvrir ces jours-là.
Souvent, la convention précise quels jours sont considérés comme chômés et lesquels peuvent être travaillés, mais en l’absence de mentions claires, l’employeur peut déterminer librement ces aspects. Cependant, ce choix doit toujours s’appuyer sur une consultation des instances représentatives du personnel si elles existent.
Voici une liste concrète d’enseignes confrontées à ce cas de figure, avec des adaptations spécifiques :
- Lidl et Franprix peuvent ouvrir certains jours fériés dans des zones urbaines stratégiques pour capter la clientèle.
- Intermarché applique souvent une politique régionale, tenant compte des régulations préfectorales.
- Cora s’appuie sur les accords de branche pour organiser les postures d’ouverture et de fermeture.
Cependant, la réglementation locale demeure primordiale. Une mairie ou une préfecture peut interdire l’ouverture, même si la convention collective l’autorise. Pour éviter tout contentieux, il convient impérativement de vérifier ces autorisations administratives avant toute prise de décision.
Pour approfondir l’aspect opérationnel, vous pouvez consulter cet article pratique pour ouvrir un commerce de bouche dans des conditions adaptées à votre secteur.

L’ouverture du 1er mai : une réglementation spécifique à connaître
Le 1er mai occupe une place à part dans la réglementation française. En effet, ce jour est très protégé et l’ouverture des commerces y est strictement encadrée :
- Le travail ce jour-là est interdit, sauf exceptions d’urgence ou nécessité, ce qui exclut en général tous les commerces, sauf certaines activités jugées indispensables (services d’urgence, certains services publics).
- Les établissements comme les hôtels et restaurants peuvent continuer leurs activités du fait de leur nature continue.
- Un commerce sans salariés peut ouvrir, à condition que l’employeur soit la seule personne présente.
Il est notable que le consentement écrit et explicite des salariés est obligatoire s’il doit intervenir un travail le 1er mai. La rémunération minimale est double, conformément aux dispositions protectrices renforcées appliquées pour cette journée.
Dans la pratique, gérer une ouverture le 1er mai peut représenter un réel défi organisationnel et juridique. Cela demande une très bonne connaissance des conventions collectives impliquées ainsi que du contexte local.
Exemple concret : une enseigne type Boulanger qui envisageait une ouverture pour une vente promotionnelle spéciale a dû renoncer par crainte d’une procédure prud’homale en raison de l’absence de consentement formel du personnel. Ces situations soulignent la nécessité d’une rigueur absolue.
Exceptions géographiques : le cas des départements du Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle
Dans ces départements situés en région Grand Est, un régime dérogatoire s’applique depuis de nombreuses années, à la fois pour l’ouverture le dimanche et pendant les jours fériés. Ces particularités sont héritées du droit local historique, ce qui impacte sensiblement les commerces.
Clés à retenir :
- L’ouverture les jours fériés est interdite sauf dérogation explicite, ce qui signifie que si un commerce souhaite ouvrir, il doit obtenir une autorisation valable.
- Certains métiers bénéficient d’exceptions: boulangers, bouchers, fleuristes, marchands de journaux peuvent ouvrir sans limite horaire.
- Restaurants et hôtels sont exemptés de toute restriction, ils peuvent fonctionner normalement.
- Jours fériés additionnels dans cette zone : notamment le vendredi saint et le 26 décembre sont également reconnus comme jours fériés spécifiques.
En conséquence, un commerce Leclerc ou Auchan situé dans ces zones doit impérativement se renseigner sur l’existence de telles dérogations auprès de la préfecture locale. Un manquement à cette règle peut entraîner des sanctions administratives lourdes, voire pénales.
Cette configuration, bien que spécifique, est essentielle à intégrer dans toute réflexion stratégique sur l’ouverture en jours fériés, notamment pour éviter les erreurs lors d’une implantation ou d’une évolution de zone d’activité.

La rémunération et les jours de repos pour les salariés travaillant les jours fériés
En matière de rémunération, les règles varient fortement selon les conventions collectives mais respectent généralement plusieurs principes fondamentaux :
- Indemnité majorée ou prime spécifique dans la majorité des cas, bien que certains accords ne prévoient aucun supplément.
- Le 1er mai constitue une journée à part : la rémunération y est au minimum doublée et nécessite accord formel du salarié, comme expliqué précédemment.
- Un jour de repos compensateur doit être accordé pour chaque jour férié travaillé, sauf dispositions contraires au sein de la convention collective.
- La majoration n’est pas cumulative lorsque le jour férié coïncide avec un dimanche : la rémunération ne cumule pas supplément pour dimanche et férié.
Pour les commerçants et leurs dirigeants, il est crucial de bien maîtriser ces règles afin d’éviter tout conflit lié à une mauvaise application. Des situations litigieuses peuvent vite créer un climat social lourd et nuire à la réputation de leur enseigne, notamment dans des chaînes comme Monoprix ou Système U.
Pour illustrer ces principes, imaginons un commerce d’articles électroniques souhaitant ouvrir le 15 août. Si son personnel doit travailler, il faudra prévoir un budget supplémentaire pour la prime et organiser un repos compensateur dans les jours suivants, conformément à la convention collective applicable. Cette anticipation garantit la stabilité du climat social.
Enfin, les ressources humaines disposent aujourd’hui d’outils de planification avancés, comme le diagramme de Gantt adapté pour la gestion des plannings en grande distribution, présenté sur ce lien : méthode de planification Excel.
Avantages et inconvénients d’ouvrir un commerce les jours fériés
Décider d’ouvrir ou non son commerce pendant les jours fériés impose une évaluation équilibrée des opportunités et des contraintes. Voici une analyse pragmatique :
- Avantages :
- Potentiel d’augmentation du chiffre d’affaires, notamment dans les zones à forte fréquentation.
- Fidélisation de la clientèle qui apprécie la disponibilité hors des heures habituelles.
- Possibilité de rentabiliser des charges fixes immobilisées lors des fermetures habituelles.
- Renforcement de la position concurrentielle face à d’autres enseignes ouvertes, comme Carrefour ou Auchan.
- Potentiel d’augmentation du chiffre d’affaires, notamment dans les zones à forte fréquentation.
- Fidélisation de la clientèle qui apprécie la disponibilité hors des heures habituelles.
- Possibilité de rentabiliser des charges fixes immobilisées lors des fermetures habituelles.
- Renforcement de la position concurrentielle face à d’autres enseignes ouvertes, comme Carrefour ou Auchan.
- Inconvénients :
- Coûts supplémentaires liés à la rémunération majorée et au repos compensateur.
- Complexité de gestion des plannings et du respect des réglementations.
- Risque de fatigue et de démotivation des équipes.
- Obligations administratives supplémentaires, notamment en cas de dérogations à obtenir.
- Coûts supplémentaires liés à la rémunération majorée et au repos compensateur.
- Complexité de gestion des plannings et du respect des réglementations.
- Risque de fatigue et de démotivation des équipes.
- Obligations administratives supplémentaires, notamment en cas de dérogations à obtenir.
Ces facteurs doivent guider la décision selon la taille et la nature du commerce. Par exemple, une jardinerie ou un commerce de bouche aura une dynamique différente par rapport à un hypermarché ou un magasin spécialisé en électronique.
Des conseils pratiques pour optimiser cette prise de décision sont disponibles dans les analyses dédiées à l’ouverture d’une jardinerie ou encore à la maîtrise des coûts liés à l’ouverture commerciale.
Les démarches administratives essentielles pour ouvrir un commerce un jour férié
L’ouverture des commerces les jours fériés n’est pas toujours automatique. Le respect d’une certaine procédure est souvent nécessaire, notamment pour éviter tout litige :
- Vérification des conventions collectives et des accords de branche applicables au secteur.
- Consultation des instances représentatives du personnel, comme le comité social et économique (CSE), lorsque cela est requis.
- Demande de dérogation administrative auprès de la mairie ou de la préfecture si la réglementation locale impose des restrictions.
- Information claire et préalable aux salariés concernant leurs droits, horaires et conditions de repos.
- Respect des conditions légales liées au travail dominical si le jour férié coïncide avec un dimanche.
Cette organisation rigoureuse évite les contentieux, garantit une application conforme des règles et préserve la pérennité de l’activité commerciale.
Pour approfondir la mise en œuvre concrète de ces étapes, la consultation de documents pratiques dédiés à la gestion du commerce de détail est recommandée. Un exemple pertinent peut être trouvé dans cette ressource expliquant le coût et les conditions d’ouverture d’un commerce.
Questions fréquentes sur l’ouverture des commerces durant les jours fériés
- Quels commerces peuvent ouvrir les jours fériés ?
Les établissements qui appartiennent aux secteurs de la restauration, boulangerie, pharmacie, fleurs, presse sont les plus fréquemment autorisés. D’autres ouvertures dépendent des conventions collectives et dérogations locales. - Pourquoi ouvrir un jour férié ?
Ouvrir permet d’augmenter son chiffre d’affaires, d’attirer une clientèle qui aurait pu se tourner vers un concurrent, et d’assurer une meilleure visibilité commerciale. - Puis-je ouvrir mon commerce le 1er mai ?
L’ouverture est fortement restreinte, requérant un accord écrit du salarié, un cas d’urgence ou une activité continue. La réglementation impose une rémunération double au minimum. - Quelles obligations en matière de rémunération le jour férié travaillé ?
Une majoration est généralement prévue, avec un jour de repos compensateur obligatoire sauf exception, et une rémunération double le 1er mai. - Quelles démarches administratives dois-je effectuer ?
Consulter la convention collective, obtenir les éventuelles dérogations préfectorales ou municipales, informer le personnel et respecter les accords sociaux.




