Dans le paysage économique des territoires ruraux, les zones de revitalisation rurale (ZRR) et plus récemment les zones France ruralités revitalisation (ZFRR) jouent un rôle crucial. Ces classifications, qui évoluent notamment depuis le 1er juillet 2024, définissent des communes éligibles à des dispositifs d’exonérations fiscales et sociales destinés à soutenir le développement local et encourager les entreprises à s’installer dans des territoires aux dynamiques fragilisées. Au cœur des débats depuis plusieurs décennies, ces dispositifs suscitent un intérêt constant des acteurs économiques cherchant à mieux comprendre l’impact réel des exonérations et leur application concrète. Le point sur la liste des communes concernées, les conditions d’exonération et les leviers d’attractivité territoriale qui s’y rattachent.
Comprendre les zones France ruralités revitalisation (ZFRR) et zones de revitalisation rurale (ZRR) en 2025
Depuis le milieu de 2024, le dispositif traditionnel des zones de revitalisation rurale (ZRR) a été révisé dans le but d’adapter les aides aux réalités contemporaines des territoires ruraux. Cette révision s’est traduite par l’instauration des zones France ruralités revitalisation (ZFRR), qui cohabitent désormais avec les zones de revitalisation rurale (ZRR). Il s’agit essentiellement d’un reclassement des communes, où la majorité de celles précédemment en ZRR ont basculé en ZFRR. Toute commune ne bénéficiant pas de ce reclassement demeure néanmoins classée en ZRR et bénéficie également des exonérations prévues.
Cette dualité offre aujourd’hui une meilleure réponse aux spécificités territoriales, tout en maintenant le même niveau d’exonération sociale pour les employeurs, que la commune soit en ZFRR ou en ZRR. Le principal changement administratif concerne la déclaration des exonérations qui, depuis le 1er juillet 2024, s’effectue via des codes types de personnel (CTP) différents : CTP 099 pour les ZFRR et CTP 513 pour les ZRR.
- Zones France ruralités revitalisation (ZFRR) : implantées pour la plupart des communes autrefois en ZRR, elles bénéficient des mêmes exonérations sociales et fiscales mais avec un cadre administratif adapté.
- Zones de revitalisation rurale (ZRR) : communes non reclassées bénéficiant du maintien des exonérations existantes jusqu’au 31 décembre 2027, sous l’ancienne réglementation.
Il est important d’intégrer que la liste précise des communes classées dans ces deux catégories est consultable via un simulateur en ligne, proposant un accès rapide au classement par département ou commune, ce qui facilite la prise de décision pour les entreprises souhaitant investir dans ces territoires fragiles.

Identification des communes éligibles et critères retenus pour le classement en ZRR et ZFRR
Pour une entreprise ou un investisseur, la première étape consiste à vérifier l’éligibilité des communes au dispositif ZRR ou ZFRR. La sélection repose sur des critères bien définis qui témoignent des difficultés économiques ou démographiques rencontrées par ces territoires. L’État fixe ces critères qui incluent notamment :
- La densité de population : un seuil maximal fixé afin de retenir uniquement les communes à faible densité.
- Les niveaux de revenus : un revenu moyen inférieur à la moyenne nationale, reflétant une fragilité économique.
- Le taux de chômage : un indicateur important montrant les défis en matière d’emploi sur le territoire.
Ces indicateurs sont analysés par l’Observatoire des Territoires qui établit la liste des communes classées, actualisée régulièrement selon les dernières données. En 2023, environ 14 000 communes bénéficiaient de ce classement. Dès 2024, avec l’intégration des ZFRR pour la plupart, ces chiffres évoluent, mais le principe reste d’assurer un soutien ciblé aux zones les plus fragiles.
Cette démarche pragmatique permet notamment de concentrer les efforts publics et privés sur les espaces où les exonérations seront les plus efficaces pour stimuler la dynamique locale et attirer de nouveaux investissements.
- Utilisation du simulateur en ligne pour vérifier la situation exacte d’une commune.
- Suivi régulier de l’évolution des critères pour anticiper les changements de classement.
- Coordination avec les Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) pour la gestion partagée des dispositifs.
Les impacts directs sur les entreprises et le tissu économique local
Les entreprises implantées dans ces communes bénéficient d’avantages significatifs qui facilitent les investissements et la création d’emplois. L’exonération concerne principalement : les cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales, pour les embauches réalisées dans la limite des cinquante premiers salariés, et pour une durée de douze mois.
Les activités éligibles couvrent les sphères artisanale, industrielle, commerciale, libérale et agricole, ouvrant un large champ d’application. À noter toutefois que certains employeurs sont exclus du dispositif, comme l’État, les collectivités territoriales, certains établissements publics, les particuliers employeurs et les très grandes structures ou régimes spéciaux.
- Exonérations pour les nouvelles embauches jusqu’à 50 salariés, favorisant le recrutement progressif en zone rurale.
- Conditions liées à la rémunération : les salariés doivent percevoir une rémunération inférieure à 2,4 fois le Smic.
- Limitation dans la durée : l’exonération est valable pendant 12 mois suivant l’embauche et sous condition de maintien de l’effectif.
Le bon usage de ces dispositifs passe aussi par la rigueur dans la gestion administrative, notamment la déclaration obligatoire auprès de la Dreets dans les 30 jours suivant l’embauche. En cas de manquement, la durée de l’exonération peut être impactée.
Maîtriser les conditions spécifiques d’exonérations fiscales en zone ZRR et ZFRR
Pour tirer pleinement profit des exonérations offertes par les zones de revitalisation rurale, les entreprises doivent respecter un cadre précis, non seulement en termes d’embauche mais aussi de suivi de leur effectif. Un élément fondamental du dispositif est la notion d’effectif de référence et d’effectif à maintenir.
L’effectif de référence concerne la moyenne des effectifs les plus élevés sur deux périodes de 12 mois consécutifs avant l’embauche ouvrant droit à l’exonération. L’objectif est de s’assurer que les entreprises augmentent effectivement leur effectif, sans dégrader l’emploi local par ailleurs.
- Calcul rigoureux de l’effectif, prenant en compte l’ensemble des établissements, internes ou externes aux zones ZRR ou ZFRR.
- Évaluation de l’équivalent temps plein des salariés embauchés, pour adapter l’exonération au ratio réel.
- Obligation de déclaration mensuelle et contrôle du maintien des effectifs pendant 12 mois.
En outre, certains facteurs viennent encadrer strictement l’octroi : interdiction de licenciement pour motif économique 12 mois avant l’embauche et obligation de ne pas délocaliser hors de la zone dans les cinq ans suivant le bénéfice du dispositif.
Dans un exemple concret, si une TPE rurale implante six salariés supplémentaires en CDI sur une année, avec un effectif de référence de 10 salariés, elle doit veiller à ce que l’effectif total reste stable ou en croissance durant toute la période d’exonération sous peine de voir le bénéfice remis en cause.
Ce suivi serré évite les effets de contournement et garantit que l’aide contribue effectivement au développement économique local.
Les avantages sociaux complémentaires pour les organismes d’intérêt général implantés en ZRR
Outre les entreprises commerciales, les organismes d’intérêt général (OIG) implantés en ZRR disposent également de mesures spécifiques en termes d’exonérations fiscales et sociales, notamment pour les salariés embauchés avant le 1er novembre 2007. Cette particularité vise à encourager les services dont bénéficient les populations rurales tout en sécurisant l’emploi associatif.
Les OIG doivent répondre à des critères précis : gestion désintéressée, absence d’activité lucrative, fonctionnement au profit d’un public large. Le seuil à ne pas dépasser est fixé à moins de 500 salariés pour conserver le bénéfice des exonérations.
- Exonérations applicables : assurances sociales, allocations familiales, contribution foncière des entreprises.
- Calcul dégressif selon la rémunération horaire, avec un seuil maximal fixé à 2,4 fois le Smic.
- Déclaration en DSN rigoureuse pour prévenir tout risque de rejet.
À travers ce dispositif, le soutien économique des associations et organismes à but non lucratif en zone rurale est renforcé, leur permettant de maintenir leurs activités dans des conditions financières assouplies.
Implications pour le développement local et l’attractivité des territoires
Le maintien des activités des OIG est un facteur d’attractivité non négligeable et un levier de cohésion sociale essentiel dans les zones rurales souvent confrontées à des difficultés démographiques et économiques.
- Mise à disposition de services publics locaux adaptés.
- Soutien à l’emploi non marchand, capital humain pour les territoires.
- Effet d’entraînement pour l’économie locale, par les interactions entre les associations, entreprises et collectivités.

Déclaration, suivi et formalités : les étapes clés pour bénéficier des exonérations en ZRR et ZFRR
Pour une entreprise, la rigueur administrative est aussi importante que la connaissance des avantages. Le dispositif fait l’objet d’une déclaration obligatoire à la Dreets, via un formulaire Cerfa dédié, à adresser dans les 30 jours qui suivent la date d’embauche ouvrant droit à exonération.
Cette démarche conditionne la durée de l’exonération, et elle doit préciser plusieurs données clés telles que l’effectif de référence, l’effectif correspondant à l’embauche, ainsi que l’effectif à maintenir.
- Envoi du Cerfa n° 10791*02 via le site officiel entreprendre.service-public.fr.
- Déclarations mensuelles via DSN avec des codes différenciés selon la classification ZRR ou ZFRR.
- Contrôles et régularisation possibles par l’Urssaf en cas de changement de situation ou suspicion d’abus.
Le respect de ces formalités est indispensable pour éviter une remise en cause des exonérations ou un remboursement des aides perçues en cas de relocation ou de licenciement non conforme.
Les exonérations fiscales liées aux ZRR et ZFRR : nature, calcul et limites à retenir
Au-delà des exonérations sociales, les communes classées en ZRR ou ZFRR offrent aussi des avantages fiscaux spécifiques. Ceux-ci se traduisent principalement par :
- Exonération d’impôt sur les bénéfices pour les nouvelles entreprises installées.
- Allègements de taxe foncière sur les propriétés bâties, notamment pour les constructions nouvelles.
- Réduction ou exonération temporaire de certaines taxes locales facilitant l’implantation.
Le calcul des exonérations sociales se base sur un coefficient lié à la rémunération horaire du salarié, avec des plafonds fixés entre 1,5 et 2,4 fois le Smic. Ce mécanisme dégressif évite que l’aide ne profite excessivement aux plus rémunérés et recentre l’effort sur l’emploi accessible.
Les exonérations restent limitées dans le temps, en général à 12 mois suivant l’embauche, et ne couvrent pas toutes les cotisations sociales, comme la contribution accidents du travail ou certains versements à destination du dialogue social.
- Exonération totale pour rémunération inférieure à 150 % du Smic.
- Exonération dégressive pour salaire supérieur jusqu’à 240 % du Smic.
- Maintien des contributions obligatoires hors champ de l’exonération (assurance chômage, retraite complémentaire, etc.).
Connaître ces modalités est essentiel pour anticiper la trésorerie et intégrer précisément ces avantages dans la stratégie de développement des entreprises.
Favoriser un usage stratégique des dispositifs ZRR et ZFRR : conseils pratiques pour dirigeants
L’efficacité des exonérations en ZRR et ZFRR ne repose pas uniquement sur leur obtention mais surtout sur la capacité des entreprises et collectivités à les intégrer intelligemment dans une stratégie de développement local. Voici quelques leviers à considérer :
- Analyser précisément la base d’effectif avant d’engager toute embauche pour maximiser l’impact des exonérations.
- Prioriser les recrutements qualifiés en priorité pour générer un effet durable sur le développement économique.
- Participer à des coopérations locales, par exemple au sein de coopératives d’emploi, afin d’optimiser la gestion des ressources humaines.
- Maîtriser les règles strictes de non-cumul pour éviter la perte des avantages financiers.
- Suivre régulièrement les évolutions législatives et administratives pour rester conforme et saisir les nouvelles opportunités.
Les entreprises ont aussi intérêt à s’informer sur des structures hybrides comme les formes associatives permettant la double qualité de salarié et associé pour bénéficier de certains avantages sociaux, comme expliqué sur cette ressource dédiée. Une approche intégrée apporte fluidité dans la gestion d’équipe et étend les possibilités au-delà des contraintes classiques.

FAQ – Questions fréquentes sur la liste des communes ZRR et les exonérations fiscales associées
- Quels sont les types d’entreprises éligibles aux exonérations en ZRR ou ZFRR ?
Les entreprises de toutes formes juridiques, artisanales, commerciales, industrielles, libérales ou agricoles, employant moins de 50 salariés dans les zones concernées peuvent bénéficier de ces exonérations lors de l’embauche de leurs premiers salariés en ZRR ou ZFRR. - Comment vérifier si une commune est classée en ZRR ou ZFRR ?
Un simulateur en ligne officiel permet de consulter précisément le classement des communes par département ou nom. Il demeure l’outil privilégié pour obtenir une information fiable et actualisée. - Les exonérations sont-elles cumulables avec d’autres aides financières ?
Oui, sous conditions. L’exonération ZFRR ou ZRR est cumulable avec certaines réductions de cotisations patronales mais pas avec toutes les aides à l’emploi ou exonérations globales, il faut vérifier les règles de cumul spécifiques. - Que se passe-t-il en cas de licenciement économique avant une embauche ?
L’exonération n’est pas applicable pour les embauches réalisées dans les 12 mois suite à un licenciement économique, afin d’éviter des effets contre-productifs sur l’emploi local. - Comment se déroule la déclaration de l’exonération auprès des organismes sociaux ?
Elle s’effectue obligatoirement dans les 30 jours suivant l’embauche en adressant un formulaire spécifique à la Dreets et en déclarant les données correspondantes dans la déclaration sociale nominative (DSN) via les codes types de personnel adaptés selon que la commune est en ZRR ou en ZFRR.




